La veille, on a roulé toute la journée, nuit vers Tours. Camions, câbles, instruments, fatigue douce. Le lendemain, direction Saint-Malo.
30 avril 2022 – Saint-Malo. La Nouvelle Vague n’est pas un club anodin. C’est une salle reconnue pour sa programmation exigeante et son ouverture aux musiques actuelles. Ce soir-là, Thomas partage l’affiche avec Michelle David & The True-Tones, formation soul-gospel néerlandaise menée par Michelle David, ancienne chanteuse de Broadway, entourée de musiciens qui mélangent soul vintage, énergie gospel et groove contemporain. Ce n’est pas un plateau local bricolé : c’est une vraie affiche.
Premier vrai concert en quintet
Ce concert est important : c’est la première vraie sortie du quintet dans cette configuration, hors résidence, hors filage. Cette fois, il y a un public, une énergie réelle, des réactions immédiates. On ne teste plus : on joue. Et ce qui s’était solidifié au filage prend vie devant une salle pleine. La section groove, les cuivres respirent, le chant s’installe. Ça sonne. Pas “ça marche” : ça sonne.
On est déjà en mouvement. Dans ma tête, Saint-Malo est à la fois un concert et un sas. Le lendemain, on roule vers Paris, puis l’Angleterre : Real World approche. Et ce concert agit comme une confirmation : le live tient à l’extérieur, il n’est plus seulement prêt en résidence. Pour moi, c’est aussi un moment d’observation. Je ne suis pas là pour une captation officielle lourde. Je prends des images, je garde des fragments. Je regarde comment le groupe vit la scène; comment Thomas habite le plateau face à un public qui ne vient pas forcément pour lui uniquement. Ce sont des détails. Mais ces détails compteront.
Une dynamique qui change d’échelle
Partager l’affiche avec un groupe comme Michelle David & The True-Tones met aussi le projet en perspective. On est dans une scène soul internationale, dans une esthétique exigeante, dans un cadre où l’authenticité ne se joue pas à moitié. Et Thomas tient sa place. Pas en surjouant. Pas en copiant. En incarnant. Ce concert est la dernière grande scène avant l’Angleterre. Après Saint-Malo :
- route vers Paris,
- tunnel sous la Manche,
- arrivée à Bath,
- Real World Studios.
À ce moment-là, on ne parle pas encore d’un récit long : on parle de sessions live à venir, mais on sent que quelque chose s’accélère. Le projet quitte le territoire familier, et il entre dans un espace mythique. Saint-Malo agit comme une validation publique : le quintet est prêt à sortir du cadre local.