À l’occasion de la sortie de leur nouvel album “Who Stole the Colors ?”, A Nebula’s Photon a préparé son live à la Coopérative de Mai lors d’une semaine d’immersion entre résidence à ImagO, captations multicam et travail d’images reportage.
Je connais Alex et A Nebula’s Photon depuis plus de dix ans. Avant même que le studio prenne la forme qu’il a aujourd’hui, il y avait déjà des projets communs. Les premiers festivals organisés ici, les Rec’Horde Live Sessions en streaming (Monter un festival hybride en quelques semaines : Rec’Horde Live Session), French Connexion avec Dubstep France (Structurer un live en setup club : French Connexion) … Une période où l’on bricolait beaucoup, mais où l’on posait déjà des bases solides. Depuis, le groupe a évolué, et le lieu aussi.
Cette dernière semaine avant la sortie de leur nouvel album, Who Stole the Colors ?, j’ai passé plusieurs jours avec eux pour accompagner une étape importante : la préparation du live qu’ils délivreraient pour la première fois à la Coopérative de Mai, à Clermont-Ferrand, à l’occasion de la Nuit du Métal. Une soirée aux côtés de Attack Mods, Dark Swanp, I.S.I. 8, Sans Roi et Victims of Fury. La soirée se clôturait d’ailleurs avec le projet NightBird d’Alex. Pour un groupe local, jouer à la Coopérative de Mai représente un passage fort. Pas une finalité, mais un cap. Une scène qui oblige à structurer un show, à clarifier une direction, à assumer une identité.
L’album Who Stole the Colors ? est désormais disponible sur toutes les plateformes ;).
Une semaine avant la Coopérative de Mai
La semaine a commencé par trois jours en résidence à ImagO, à Cébazat. Ce pôle dédié au développement de projets musicaux, soutenu par Clermont Auvergne Métropole, est tenu par ce qui est devenu des copains. C’est un lieu pensé pour permettre aux groupes de travailler en profondeur : répétitions, mise en scène, ajustements techniques, structuration du live. L’objectif n’était pas uniquement de répéter des morceaux. Il s’agissait de construire un show cohérent. Travailler les transitions, l’énergie globale, les dynamiques entre les musiciens. Trouver l’équilibre entre précision et intensité. Nous avons également profité de ces journées pour tourner des images reportage, capter des moments en coulisses et avancer sur des séquences destinées à de futurs clips. Un live complet a été tourné en multicam, pensé non pas comme une simple archive, mais comme un outil.
Après une journée de pause, la semaine s’est poursuivie avec une résidence scénique à la Coopérative de Mai. Nous avons pu tourner des images avec caméra sur scène, en conditions proches du concert mais sans public. Ces plans ont ensuite été recalés sur le live du lendemain. Cette méthode présente un double intérêt : obtenir des angles immersifs supplémentaires sans gêner la visibilité du public, et optimiser le dispositif technique. Le soir du concert, nous avions trois caméras fixes, moi en caméra épaule, et deux cadreurs en face scène. En anticipant certaines images, nous avons pu enrichir la captation sans complexifier l’organisation. Le jour du concert, la préparation technique a commencé l’après-midi. Réglages, derniers ajustements, installation. Puis le live !
Résidence, captation et outil scénique
On parle souvent de clips pour développer un projet musical. Mais dans la réalité du circuit scénique, les tourneurs cherchent souvent autre chose : voir les musiciens jouer ensemble, interagir, tenir un plateau. Ils veulent comprendre si le groupe fonctionne réellement en live. Le live multicam devient alors un outil stratégique : il montre la cohésion, la dynamique, la capacité à occuper l’espace. Pour un groupe qui souhaite se développer par la scène, c’est souvent plus déterminant qu’un clip très produit. Dans cette logique, je propose régulièrement des captations en plan-séquence. Rapides à mettre en place, plus légères en post-production, et surtout plus honnêtes. Ce format assume le live tel qu’il est : organique, vivant, imparfait parfois. Il ne cherche pas à lisser, mais à montrer. Ce style ne plaît pas à tout le monde, et il ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il a un rôle précis : défendre un projet scénique de manière crédible et exploitable.
Documenter une trajectoire
Musicalement, le groupe a franchi un cap. Leur fusion entre rock, emo, metal et textures électroniques atmosphériques s’est affirmée. On y sent une identité plus nette, plus assumée. Même si le métal revient aujourd’hui sous des formes hybrides et contemporaines, Nebula’s ne semble pas courir après une tendance. Le projet avance par cohérence interne. Ce que j’essaie de faire dans ce type de collaboration, ce n’est pas seulement produire des images : c’est documenter une trajectoire. Accompagner un projet sur la durée donne une autre profondeur aux captations. On ne filme pas seulement un concert : on capte une étape dans une évolution.
La résidence à ImagO, la scène de la Coopérative de Mai et la sortie de Who Stole the Colors ? marquent un moment important pour le groupe. La suite leur appartient. Mais cette semaine restera comme un point d’équilibre entre travail en profondeur, production d’images et passage sur scène.