Arts et spectacles

Ct

Tournage Thomas Kahn Live

Tournage de 4 tracks live à La Coopérative de Mai :)

Identités :

Thomas sort de plusieurs jours de résidence scénique à La Coopérative de Mai : design lumière avec Yannick Saunier; encodage du show, décors, répétitions en quintet…

La salle est vide, mais ça joue vrai

10 janvier 2022 – La Coopérative de Mai. Le but est clair : produire une vidéo live propre pour le label et les tourneurs. Montrer que le groupe est prêt, que le show tient, que ça tourne. Pas un clip, pas une démonstration d’ego visuel : un outil.

Je ne connais pas encore Thomas : si je suis là, c’est par Léo, un ami d’enfance et souvent collègue de travail. Premières soirées ensemble avec trois ampoules de couleur et une chaine hifi. Lui a pris la voie de intermittence, ingénieur son et musicien. Moi l’entreprise. Deux branches d’un même arbre du spectacle. Il me recommande parce qu’il sait comment je travaille en live, que je comprends la scène avant de comprendre la caméra. J’arrive le dernier jour de résidence. Tout est prêt, ils sont un peu pressés. Il faut capter, valider, envoyer. La Coopé est vide. Et pourtant, ça joue comme si elle était pleine.

Multicam, sans super-pouvoir

On installe :

  • 2 FX30 sur pratos,
  • 1 Balckmagic,
  • un A7III à l’épaule,
  • prise son live gérée par l’équipe.

Configuration simple, efficace. Pas de grue, pas de drone, pas d’attaque orbitale à la Michael Bay. La mission est limpide : voir le groupe et entendre la musique. Ne pas gêner. Dans le live, la vidéo doit se comporter comme un bon ingé lumière : présente, mais jamais intrusive.

Quand le groupe démarre, ça sonne. Un vrai quintet. Des musiciens qui se regardent. Une section rythmique qui respire. La salle est vide, mais le son remplit l’espace comme s’il y avait 1 200 personnes. À ce moment-là, je suis simplement à ma place. La régie, la pression, le plateau : terrain connu. Mais là, c’est un cran au-dessus de beaucoup de prestations habituelles. Thomas a déjà fait de la télé, il est signé, le projet est structuré et live calibré. C’est sérieux. Et quand c’est sérieux et que ça groove, on sait qu’on n’est pas là pour bricoler.

Thomas, je le découvre plus tard

Le jour du tournage, on échange peu. Un “merci mec, c’est top”, un “désolé on est speed”. Ils doivent filer en rendez-vous puis en tournée. Le vrai premier contact, c’est au montage, dans le calme de la maison, de mon bureau, les timelines ouvertes. Là, je regarde vraiment. Je découvre un artiste posé, souriant, précis. Quelqu’un de calme, presque doux, qui porte un projet ambitieux sans posture grandiloquente. Sa relation à la soul est particulière. Oui, il y a une forme d’intimidation. Comme si cette musique était un héritage qu’il respecte profondément, comme si elle ne lui appartenait jamais totalement. Et c’est justement ce qui la rend crédible.

À ce moment-là, ce n’est qu’une captation. Quatre tracks live pour défendre une tournée, un boulot propre, livré, validé. Mais au montage, quelque chose s’installe. La confiance, le respect du travail, la sensation que ce n’est pas un projet jetable. Rien d’épique. Pas de musique dramatique en fond : juste un premier ancrage. Un peu comme le premier épisode d’une série qu’on lance sans trop y penser… et qu’on finit par binge-watcher sans comprendre quand ça a commencé.