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Tournage Didier Gustin

Nouveau spectacle mis en scène par Eric Bouvron !

Identités :

Trois jours avec Didier Gustin et Johnny, libre dans ma tête

Octobre 2023 – Imago. Il y a des rencontres qui déclenchent immédiatement un petit décalage étrange dans le cerveau. Un mélange entre “ok, c’est mon travail” et “attends… cette personne faisait déjà partie du décor quand j’étais gosse”.

Quand Alex me propose de rejoindre l’équipe de Didier Gustin pour tourner un teaser autour de son nouveau spectacle, j’ai forcément ce petit sourire en coin qui apparaît immédiatement. Parce que Didier Gustin, pour toute une génération élevée dans les années 90 et début 2000, ce n’est pas juste “un imitateur”. C’est une voix qu’on a entendue partout sans toujours s’en rendre compte : télé, radio, doublage, émissions, personnages animés, Les Minikeums, Disney… Une sorte de présence diffuse de la pop culture française de cette époque. Et honnêtement, ça crée un drôle d’effet de débarquer plusieurs années plus tard caméra à l’épaule dans une résidence artistique avec lui.

Un spectacle mis en scène par Éric Bouvron

Le projet s’appelle Johnny, libre dans ma tête, un spectacle coécrit avec Éric Bouvron, qui en assure également la mise en scène. Et là aussi, ça change immédiatement la couleur du projet. Parce qu’Éric Bouvron n’arrive pas du tout avec une approche “spectacle hommage” classique. Son travail mélange souvent théâtre, musique, mouvement et narration avec quelque chose de très vivant et très humain. On sent rapidement que l’objectif n’est pas de fabriquer une imitation nostalgique de Johnny Hallyday, mais plutôt une sorte de road movie mental entre humour, mémoire, musique et mélancolie.

Le pitch du spectacle pourrait pourtant faire peur sur le papier : Didier Gustin, en perte de vitesse artistique, reçoit la visite de Johnny Hallyday lui demandant d’organiser un ultime concert au Stade de France. Dit comme ça, j’avoue avoir eu une légère inquiétude au départ. Je craignais un truc un peu lourd, très “animation nostalgie”, avec perfectos, voix forcées et public qui crie “que je t’aime” entre deux imitations. Et en réalité, pas du tout.

Une pièce beaucoup plus sensible que prévu

Très vite pendant la résidence, je découvre une œuvre étonnamment sensible. Drôle, évidemment, parce que Didier Gustin reste un monstre de jeu et d’imitation. Mais surtout beaucoup plus touchante et intelligente que ce que j’avais imaginé.

Le spectacle parle finalement moins de Johnny que de ce qu’il représente dans la mémoire collective française. De transmission, de disparition, d’image publique, et de solitude aussi. Et tout ça passe par une mise en scène très fluide, presque onirique par moments, portée par des musiciens absolument excellents. Et ça, je ne m’y attendais vraiment pas.

Il y a des projets où l’on vient “faire des images”. Et puis il y a ceux où, progressivement, on commence surtout à observer des gens construire quelque chose ensemble. Pendant ces trois jours à Imago, c’est exactement ce qui s’est passé.

Une résidence avant le teaser

Le but initial était pourtant très concret : produire un teaser capable d’aider à la diffusion du spectacle. Un objet vidéo suffisamment fort pour donner envie aux programmateurs, salles et festivals de suivre le projet. Mais comme souvent dans ce genre de résidence, ce qui m’intéresse finit rapidement par dépasser le simple teaser. Je passe donc plusieurs jours avec l’équipe à capter des répétitions, des moments backstage, des échanges techniques, des ajustements de mise en scène… J’en profite aussi pour tourner un morceau d’interview avec Didier. Et honnêtement, c’est probablement ce que j’aime le plus dans ce type de projet : ce moment où la frontière entre documentaire, making-of et captation devient floue.

On commence alors à voir apparaître autre chose que “le spectacle”. Une équipe. Une énergie collective. Une manière de travailler. Des musiciens qui trouvent progressivement leur place dans le récit. Des silences. Des discussions. Des regards pendant les filages. La résidence devient alors presque aussi intéressante que la représentation elle-même.

Je crois que ce projet résume assez bien ce que j’aime de plus en plus dans NGCProd : aller chercher les endroits où le spectacle vivant est encore en train de se fabriquer. Pas seulement filmer le résultat final proprement éclairé devant un public. Mais documenter aussi tout ce qui existe juste avant : les doutes, les ajustements, les discussions techniques, les moments de fatigue, les idées qui apparaissent soudainement pendant une répétition. Et surtout, rencontrer des gens qu’on pensait connaître “de loin” depuis des années… avant de découvrir des personnes beaucoup plus humaines, sensibles et passionnées que l’image qu’on avait construite autour d’eux.

Ces trois jours à Imago font partie de ces tournages où l’on repart avec bien plus que quelques images sur des cartes SD.

Ces contenus font partie d’un réseau plus large !

Certains projets l’ont précédé, d’autres prolongent l’idée. Voici quelques chemins pour continuer l’exploration.