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TitFreack$ – 3.2 : produire pendant que le système apprend

Un plan séquence entre réel et virtuel, encore instable… mais déjà exploitable.

Identités :

Faire un clip en production virtuelle, c’est déjà un défi. Le faire en plan séquence, avec un système encore instable… c’est une très bonne idée. Ou une très mauvaise. On a testé.

Produire malgré le flou

15 octobre 2023 – NGCStudio. Le projet part d’un morceau assez introspectif. Un texte sur le fait d’avancer, de traverser des phases, de continuer même quand tout n’est pas encore clair. Forcément, ça donne envie de construire quelque chose qui évolue visuellement.

On part sur un plan séquence. Pas de coupe pour masquer les transitions. Une progression continue, du réel vers autre chose. C’est là que le choix devient intéressant : on décide d’utiliser la production virtuelle, alors même que le système n’est pas encore totalement maîtrisé. Pas en mode démonstration. En mode utilisation.

Construire avec les contraintes

Le tournage est pensé comme un parcours. On commence dans un espace réel, presque banal. Puis on glisse vers le studio. Le fond vert apparaît, l’équipe entre dans le cadre, déplace des éléments, transforme progressivement le décor. Et à la fin, on se retrouve ailleurs. Pas par cut, par transition. Pour que ça fonctionne, il faut simplifier partout où c’est possible.

Le tracking est là, mais on ne lui demande pas d’être parfait. La lumière n’est pas pilotée en direct depuis Unreal – trop risqué – donc on prépare des scènes en amont et on switch au bon moment. Le mouvement est contrôlé, même quand il donne l’impression d’être libre. Chaque choix est un compromis, mais assumé.

Faire tenir l’illusion

Ce type de projet ne pardonne pas. Le moindre décalage de lumière, un mouvement un peu trop rapide, une perspective légèrement fausse… et tout devient visible. Là où un plan découpé permettrait de tricher, le plan séquence impose une forme de rigueur. Mais en même temps, il apporte quelque chose d’autre : une continuité. Une sensation de transformation réelle. Le spectateur voit le décor évoluer, se construire, presque apparaître. Et même si tout n’est pas parfait, l’intention passe.

Entre contrôle et lâcher prise

Ce tournage demande un équilibre un peu particulier. D’un côté, il faut cadrer, anticiper, sécuriser un minimum. De l’autre, accepter que tout ne sera pas parfaitement sous contrôle. L’équipe devient visible, les ajustements aussi. Et finalement, ça participe au résultat. On n’est pas dans une illusion parfaite : on est dans une transformation en cours.

Le clip ne valide pas une méthode “clé en main”. Mais il montre quelque chose d’important : on peut déjà raconter avec ces outils, même s’ils ne sont pas totalement stabilisés, à condition de :

  • adapter la mise en scène
  • simplifier les choix techniques
  • accepter une part d’imprévu

Et surtout, de rester au service du morceau. Parce qu’au final, ce n’est pas la technique qu’on retient, c’est le mouvement.