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Thomas Kahn @ Taratata !

Tournage de Taratata avec Thomas Kahn et sa formation complette !

Identités :

Clermont > Paris en camion, balances à 18h30, tournage vers 21h, retour à l’aube. Une journée dans la fourmilière Taratata : plateau mythique, artistes en constellation. Et moi, témoin privilégié… mais côté coulisses.

13 septembre 2022 – 11h30 – Clermont-Ferrand. Départ des locaux de Flowercoast, camion habituel, même banquette un peu ferme, mêmes flight cases qui glissent légèrement dans les virages : direction Paris. On ne part pas en tournée internationale, pas de mer à l’horizon cette fois : on va à la télévision.

Taratata.

Pour ceux qui débarquent complètement : Taratata, émission musicale française créée en 1993, relancée en 2005, plus de 800 épisodes au compteur à ce moment-là. Une institution. Du live. Des duos improbables. Des plateaux qui ne rigolent pas avec le son. Pas une émission décorative : un vrai rendez-vous musical, avec 2 millions de français. Et aujourd’hui, Thomas y est invité.

Arriver dans la machine

Restaurant rapide en arrivant, puis direction le studio. On entre vers 18h30 : les balances s’enchaînent. Moi, je sais déjà que je n’aurai pas le droit à ma caméra sur le plateau, ni devant la scène, ni près des régies. Pas d’images du show. Pas de captation officielle : ça, c’est la maison qui gère. Je suis cantonné aux marges : trajets, coulisses, loges, moments avant/après. C’est frustrant… et fascinant à la fois. Parce que la machine est immense.

Ce n’est pas un plateau. C’est une fourmilière. Cadreurs suspendus, technocrane majestueuse qui survole la scène, rails, éclairage plateau millimétré, régies alignées comme un centre de commandement, chauffeur de salle qui orchestre le public, assistants qui circulent à vitesse maîtrisée. Tout le monde est occupé. Personne ne panique. Je connaissais le fonctionnement, des plateaux plus modestes, visité la BBC. Mais là, je le vis de l’intérieur. Et à l’épisode 800+, ça ne tremble pas : ça ronronne.

Une constellation d’artistes

Sur le plateau ce jour-là : Bigflo & Oli, Grand Corps Malade, Ben Mazué, Gaël Faye, et Annie Lalalove, rencontrée sur un festival plus tôt. C’est assez fou de croiser autant d’artistes dans un même couloir, sans filtre, sans projecteurs braqués. Des checks de la main, quelques échanges simples, des regards complices. Hors caméra, tout le monde est étonnamment détendu. Moment absurde : pendant les balances, je me retrouve seul dans les gradins, seule personne visible côté public. En face, Big Flo & Oli qui font leurs balances. Vers qui regarder pendant tout le morceau ? Vers moi, forcément, il n’y a personne d’autre ;). Complicité silencieuse involontaire. J’ai presque l’impression d’avoir un concert privé, les yeux dans le yeux.

Le plateau, de loin

Thomas interprète deux titres : More Than Sunshine et My Love. Et un duo avec Annie sur Unchained Melody. Je ne filme rien de ça. Je suis loin, en périphérie. C’est la production qui capte, cadre, éclaire. J’assiste, j’observe les retours vidéo depuis l’extérieur, j’écoute les réactions. Honnêtement ? La setlist n’était pas exactement celle que j’aurais choisie. Mais ils ont défendu les morceaux avec solidité, le son est bon, et le public réagit. L’équipe est satisfaite. Parfois, être professionnel, c’est aussi accepter que l’intention dépasse son propre goût.

Ce qui m’intéresse le plus, ce sont les transitions. Le moment où Thomas revient de scène, l’énergie encore haute. Les échanges rapides avec les musiciens. Le silence soudain dans une loge après l’intensité du plateau. Fin d’émission vers 23h. Vin d’honneur. Discussions. On improvise même une petite interview entre Annie et Thomas, captée à la volée. Rien d’officiel. Juste une trace supplémentaire. Encore une journée à Disney, mais version États-Unis : plus grand, plus rapide, plus calibré.

Hôtel F1 et retour à la réalité

On quitte le studio tard. Direction un hôtel F1. Apéro discret sur le parking, camion encore tiède de la journée. On dort peu. Retour au petit matin, avec une arrivée à Clermont vers 9h. Encore une journée aller/retour. Encore un environnement totalement différent : studio mythique en Angleterre (Real World Studios Thomas Kahn), pub anglais (Concert Mister Wolf Thomas Kahn), festival breton face à l’océan (Thomas Kahn @ Bout du monde)… et maintenant plateau télé parisien ultra rodé.

Plus j’écris ces articles, plus je réalise la variété des terrains traversés. Chaque lieu impose sa logique. Chaque environnement révèle une autre facette du projet. Et moi, au milieu, je collecte des images. Pas toujours celles qu’on voit à l’écran, mais celles qui comptent pour le film.