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Thomas KAHN – Doomed from the start

Live dans les rues de Bristol (UK) !

Identités :

Après des mois d’arrêt brutal suite à une perte de voix en août 2024 et des dizaines de dates annulées, Thomas publie “Doomed From The Start”. Un morceau tourné à Bristol en 2022, issu du cycle Real World. Je découvre la sortie presque par hasard. Et tout le projet reprend soudain une autre dimension.

13 mai 2025 – Clermont-Ferrand. Notification YouTube : « Doomed From The Start — Thomas Kahn ». Le titre me fait sourire malgré moi : « condamné dès le départ ». Le timing est presque trop parfait.

En août 2024, tout s’était arrêté net pour Thomas Kahn. Perte de voix, annulations en chaîne, dates supprimées. Pas de dramaturgie publique, pas de grand discours. Juste un silence. La vie continuait autour : la maison évoluait, d’autres projets prenaient de la place. Mais ce fil-là était suspendu. Je lance la vidéo.

Un morceau tourné entre deux mondes

Ce que l’on voit n’a pourtant rien de nouveau. Le clip a été tourné en 2022, dans les rues de Bristol, quartier de Stokes Croft, entre fresques murales et façades colorées. Une captation improvisée, moitié déambulation urbaine, moitié performance live avec la formation complète : huit musiciens, section cuivre solide, groove précis, énergie compacte.

Ce morceau est extrait de l’album This Is Real (2022), enregistré dans un cycle qui nous avait menés jusqu’aux Real World Studios, fondés par Peter Gabriel. Une équipe dense, soudée, rodée par la scène.

Rien de neuf, donc. Et en même temps, tout change. Parce que ce clip, gardé sous le coude, retardé dans la communication, devient soudain le dernier fragment visible d’un cycle commencé deux ans plus tôt. La voix n’a pas changé – normal, elle date d’avant l’arrêt. Mais le contexte, lui, a glissé.

Le silence change la lecture

Pendant les mois d’interruption, le reportage est resté en suspens. Pas par abandon, mais par cohérence. Raconter un élan pendant que la scène est muette aurait sonné faux. Et pourtant, en revoyant ces images, quelque chose se clarifie. Ce qui ressemblait à une succession d’événements – Real World, Bristol, festivals, release – devient une trajectoire : élan > interruption > reprise.

Je ne relance pas immédiatement le montage de la mini-série que j’imaginais. Mais je comprends que le projet dépasse désormais la simple chronique d’un album. Ce n’est plus seulement un making-of : c’est un cycle humain.

Pas condamné. Suspendu.

Le plus ironique reste le titre. Doomed From The Start. Condamné dès le départ ? Non. Rien n’était condamné. Le projet a été interrompu, pas détruit. Mis en pause, pas effacé. La voix revient, la musique repart. Le morceau, prévu depuis longtemps, agit comme un clin d’œil involontaire à ce qui vient de se passer. Et moi, devant l’écran, je comprends que le récit vient de trouver son troisième acte, sans l’avoir cherché.