Deux soirées de DJ sets, dix artistes, un plateau transformé en club visuel… et un setup qui commence sérieusement à ressembler à quelque chose de reproductible. Un an après Rec’Horde, on ne bricole plus pour voir : on bricole pour construire.
Rebrancher, mais pas au hasard
Un an après Rec’Horde Live Session, on ne repart pas de zéro. On a déjà un système qui a tenu, des repères, des réflexes. Avec Alex, l’envie revient assez naturellement. Mais cette fois, on ne cherche pas “à refaire un live”. On cherche à affiner un format. Plus direct. Plus lisible. Plus club.
Deux soirées. Cinq heures par soir. Une programmation resserrée autour des labels Electronize Me et Dubstep France. Un peu comme quand tu relances un prototype version 2.0 : tu sais où ça casse… et surtout où ne pas toucher.
Une réal pensée comme une Boiler Room… version maison
On adapte la réalisation au format DJ, sans chercher midi à quatorze heures. Quatre caméras fixes, posées comme une mini Boiler Room :
- cour
- jardin
- centre
- centre haut
Et une caméra épaule en renfort si besoin, pour aller chercher un détail ou casser la routine. La réal tourne sur OBS, sur le PC du bureau, un peu à l’écart. Un choix simple, mais important : garder un espace calme pour piloter.
À côté, le reste du système vit ailleurs :
- mezzanine pour le son, la lumière et le mapping
- une machine dédiée aux vidéoprojecteurs avec MadMapper
- un poste VJ qui envoie en NDI
Le mapping est géré en live par Keuj Flore avec HeavyM, et là on commence à sentir un vrai dialogue entre image et musique. On n’est pas encore chez Tony Stark… mais l’atelier commence à prendre forme.
Transformer le plateau en environnement
Là où Rec’Horde posait les bases, ici on commence à construire une ambiance. Côté lumière, on passe clairement en mode club : lyres beam, spot, wash, barres LED, PAR RGBW… Pilotés en DMX avec Daslight par Julien David. Côté vidéo :
- quatre projecteurs stackés en fond
- un cinquième plus puissant pour le mapping autour du DJ booth
- une structure en triangles blancs pensée pour accrocher la lumière
Ce n’est pas “plus de matos pour plus de matos”. C’est juste assez pour que le plateau commence à réagir à la musique.
Le son reste volontairement basique : sortie stéréo des DJs, envoyée vers la façade et le live. Setup DJ fourni par Corentin de Summerlight Event : 4 CDJ 2000 Nexus et 1 DJM 800. Le tout géré par Maxime Bordier. Pas de complexité inutile. Moins il y a de friction, plus le flux tient. Les transitions sont naturelles : outro, mini interview, intro du DJ suivant. Et ça suffit largement.
Une équipe qui fonctionne comme un système
À la réalisation, on est trois :
- Nathalie
- Dodo
- moi
Avec autour :
- lumières par Julien David
- mapping par Keuj Flore
- son par Maxime Bordier
- artistes
- labels
Et surtout, des gens qui savent se relayer sans qu’on ait besoin de sur-organiser. Le week-end devient presque un micro-écosystème : tout le monde dort sur place, ça échange, teste, ajuste. Et là, un autre truc se confirme tranquillement : le lieu peut accueillir autant qu’il produit. Faire évoluer le dortoir en appartement commence clairement à prendre du sens à ce moment là.
Valider un vrai cap
Tout est fluide : pas de moment de panique, de système qui décroche, de fatigue qui casse le rythme. Après Rec’Horde, on gagne surtout en sérénité, on voit plus loin. Ce format valide :
- une réalisation adaptée au DJ
- un système vidéo + lumière + mapping cohérent
- une production capable de tenir sur plusieurs soirées
Une idée devient difficile à ignorer : le pont lumière mobile atteint ses limites, il va falloir passer à une vraie structure autour de la scène. Ce n’est pas encore là, mais c’est déjà décidé. Pour la première fois, on n’est plus en train de chercher si ça peut fonctionner. On est en train de comprendre comment le faire évoluer.