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Sebtet à Tour du Sud : trois morceaux, une caméra et pas beaucoup de droit à l’erreur

3 morceaux live à Tour du sud

Identités :

Une live session jazz-fusion captée en plan-séquence à Tour du Sud, entre exigence sonore, caméra mobile et énergie collective.

18 octobre 2024 – Studios du Paradis, Royat. Sebtet arrive avec cette énergie particulière des groupes qui ont déjà beaucoup joué ensemble dans leur tête avant même de se retrouver complètement dans une pièce. Les morceaux sont nés pendant le premier confinement, puis ont été travaillés, réarrangés, confrontés au réel dès que la musique a pu reprendre sa place normale : entre des humains, des instruments, du volume, des regards et des décisions prises au bon moment.

Le groupe réunit Seb Depeige, Éric Pigeon, Yan Lacroix, Jérôme Renaud et Milan Ollier autour d’un jazz-fusion nerveux, très vivant, quelque part entre groove, précision et liberté. Une musique qui demande de rester attentif, parce qu’elle peut changer d’appui rapidement, laisser respirer un solo, repartir sur une relance rythmique, ou déplacer l’énergie d’un musicien à l’autre sans prévenir.

Pour filmer ça, Tour du Sud était un terrain assez logique. Les Studios du Paradis ont cette présence singulière : un lieu perché sur les hauteurs de Royat, avec une vraie texture, une histoire, une vue, et cette sensation d’être dans un espace de travail qui n’a pas été pensé uniquement pour aligner des machines, mais pour laisser les projets exister.

Filmer sans découper la musique

Sur cette session, le choix vidéo était assez radical : capter les morceaux en plan-séquence.

Pas pour cocher une case “performance technique”, mais parce que cette musique fonctionne beaucoup par circulation. Le regard passe d’un musicien à l’autre. Les intentions se répondent. Le groove se construit en direct, dans les micro-signaux du groupe. Si on découpe trop, on risque de transformer cette alchimie en simple succession de plans propres.

Le plan-séquence oblige à respecter la continuité du morceau. La caméra accompagne, se déplace, cherche les bons appuis, mais ne peut pas tricher autant qu’un montage classique. Chaque prise doit tenir du début à la fin. Le son doit être bon. L’image doit rester vivante. Les déplacements doivent être justes. Et si un moment musical devient important, il faut être disponible au bon endroit, sans pouvoir revenir en arrière.

C’est une manière de tourner assez exigeante, mais très adaptée aux live sessions. On ne fabrique pas une illusion de performance après coup. On essaye de capter le moment où le groupe joue vraiment.

Un dispositif léger, mais précis

La lumière s’appuyait sur le kit déjà en place à Tour du Sud. Rien de trop démonstratif : juste de quoi donner une ambiance, séparer les volumes, laisser les instruments et les visages prendre leur place. Sur ce type de tournage, l’éclairage doit accompagner la musique sans transformer la session en show télévisé miniature. Surtout avec la caméra qui se déplace : il faut aussi éviter les ombres en mouvement…

Côté son, la direction de Nicolas Blanc permettait de garder la priorité au cœur du projet : la musique. Trois morceaux d’environ cinq minutes ont été enregistrés, avec cette contrainte simple et brutale du live : si la meilleure prise sonore est celle-ci, alors l’image doit suivre. Pas l’inverse.

C’est ce qui rend ce format intéressant : la vidéo n’est pas au-dessus du groupe. Elle se met à son service. Elle accepte de dépendre du jeu, des musiciens, des prises retenues, de ce qui se passe réellement dans la pièce.

À la fin, il reste trois morceaux, peu de post-production inutile, et une matière qui garde la trace d’un moment joué pour de vrai. Pas un clip déguisé en live. Une session.