Après la Coopé (Tournage Thomas Kahn Live), on ne replonge pas tout de suite dans un autre live. On se retrouve à Flowercoast, à Clermont-Ferrand. Premier label et tourneur de Thomas : le lieu où le projet a réellement pris forme. Pas une salle mythique, pas un décor impressionnant. Un garage de répétition. L’endroit où les chansons ont grandi.
Flowercoast : là où Real World commence
Avril 2022 — Clermont-Ferrand. Ce jour-là, je ne viens pas pour capter un concert. Je viens poser des questions : Thomas Kahn, Baptiste Ozon et Jamy (Alexandre Lafforgue). On parle des racines du projet, des débuts, du rôle de chacun et de ce que représente cette musique. Et de cette idée un peu folle : Real World Studios. Je ne suis pas là pour faire une vidéo promotionnelle : je teste quelque chose.
Et c’est là que ça bascule : à la Coopé, j’étais prestataire. Ici, je propose l’idée de documenter Real World. D’en faire autre chose qu’une simple série de live sessions. Pas une captation améliorée : un récit. Le CNM entre dans l’équation à ce moment-là, comme une clé de voûte possible et comme ce qui pourrait rendre le voyage viable. Je porte le dossier et la production, avec Baptiste, rodé aux montages administratifs. Le financement devient structurant, et le projet prend une ossature.
Real World Studios…
À ce stade, Real World est confirmé, ou en très bonne voie. Réservé par Laurent Dupuy, le studio 1 : le grand. Console au centre des musiciens. Cuivres. Choristes. Configuration hybride entre scène et studio, 100% live. Ce qui veut dire :
- aucune correction possible,
- chaque prise doit être juste,
- pas de modification lumière,
- pas de trépied,
- pas de caméras en plus.
Caméra épaule. Organique, centrée sur le chant : plus de 40 prises par jour. C’est exigeant pour eux, et ça le sera pour moi. Et pourtant, dans ma tête, c’est presque irréel : on va tourner à Real World, le studio fondé par Peter Gabriel. Des albums majeurs ont été enregistrés là : des instruments, des consoles, des murs chargés d’histoires. Pour un gamin qui a grandi à monter des ponts lumière, c’est un peu Disneyland version analogique.
Une intention
Ce jour-là, dans le garage de Flowercoast, on ne valide pas seulement un départ pour l’Angleterre. On formalise une intention : enregistrer 10 à 12 sessions live en configuration 100 % organique à Real World, et documenter le processus qui les entoure. Pas un making-of décoratif. Pas une simple captation. Un ensemble cohérent, performances et coulisses. Le dossier CNM prend forme autour de cette idée. Le financement devient possible : le studio est réservé. À partir de là, Real World n’est plus une hypothèse. C’est une date.