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Shezlöng – Kadifeden Kesesi live session

Deuxième live session captée aux Studios du Paradis : “Kadifeden Kesesi” prolonge le travail engagé avec Shezlöng dans le cadre du projet Tour du Sud.

Fin 2025 – Studios du Paradis. Après Bizim Mahalle, on a repris le chemin des Studios du Paradis avec Shezlöng pour une deuxième live session : Kadifeden Kesesi. Même lieu, même équipe réduite, même envie de construire quelque chose qui reste profondément live sans devenir une simple captation figée. Plus on avance dans ce format, plus je réalise à quel point il repose surtout sur l’écoute. Ici, la vidéo ne peut pas fonctionner contre la musique : elle doit circuler avec elle.

Filmer un morceau plutôt qu’un “contenu”

Les sessions avec Shezlöng ont quelque chose d’assez particulier à tourner. Le groove anatolien réarrangé en funk psychédélique crée un mouvement presque permanent entre les musiciens. Ça échange, ça répond, ça relance constamment l’énergie. Si la caméra devient trop démonstrative ou trop découpée, tout s’effondre très vite. Le dispositif reste volontairement assez exigeant : espace réduit, prise de son prioritaire, peu d’interruptions, et une captation pensée autour de la continuité réelle du morceau.

J’aime beaucoup travailler comme ça. Pas parce que c’est “plus pur” ou plus noble qu’autre chose, mais parce qu’on sent immédiatement quand une prise fonctionne réellement. Il y a un moment précis où tout commence à respirer ensemble : les musiciens, le son, les déplacements, la lumière, la caméra. Et à partir de là, mon travail consiste surtout à accompagner ce mouvement sans casser l’équilibre.

La caméra devient presque une présence supplémentaire dans la pièce. Elle observe, traverse, se rapproche d’un échange entre deux instruments, puis repart ailleurs. Pas pour “faire du plan”, mais pour essayer de préserver cette sensation d’être physiquement au milieu du groupe.

Une contrainte qui devient une méthode

Ce que j’aime aussi dans ces sessions, c’est qu’elles obligent à ralentir un peu la logique de production classique. Aujourd’hui, énormément de contenus musicaux sont construits comme des puzzles : dizaines de plans, playback, découpage ultra rapide, corrections permanentes. Ici, on fait presque l’inverse. Chaque prise doit tenir du début à la fin. Le montage reste minimal. Pas parce qu’on refuse les outils modernes par romantisme bizarre de vieux barbu analogique, mais parce que l’intérêt du format repose précisément sur cette continuité.

On accepte les micro-imperfections. Un regard. Un déplacement imprévu. Une respiration un peu plus longue. Et finalement, ce sont souvent ces détails-là qui donnent la sensation de réel. Les Studios du Paradis se prêtent particulièrement bien à cette approche. Le lieu possède déjà une présence très forte sans avoir besoin d’être transformé artificiellement. Quelques lumières, un placement précis, un bon son… puis on laisse simplement le morceau exister.

Un format entre concert et objet vidéo

Kadifeden Kesesi confirme surtout quelque chose qu’on cherche depuis plusieurs sessions maintenant : construire un format hybride capable de rester crédible à plusieurs niveaux à la fois. Quelque chose qui garde l’énergie d’un vrai live, mais qui puisse aussi vivre comme objet vidéo autonome. Un format utile pour la diffusion, la programmation, les réseaux, les salles, tout en restant fidèle à ce qui se passe réellement dans la pièce. C’est probablement ça qui m’intéresse de plus en plus dans mon travail : fabriquer des formats qui documentent le vivant, sans l’écraser sous la production.