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Tournage Festival de L’Âme Sauvage

Un week-end entre tracteurs, musique et improvisation !

Deux jours de musique, des tracteurs, une roulotte, et un multicam improvisé au milieu des bottes de paille. Parfois, il suffit juste d’être là… et de suivre.

Un festival qui se vit plus qu’il ne se programme

Juin 2022 – Lac Chambon. Je viens au départ pour faire un reportage simple : quelques images, des interviews, de quoi raconter le festival et lui construire un petit média kit pour les prochaines éditions. Rien de très lourd. Juste capter l’ambiance. Mais très vite, je comprends que ce festival ne se filme pas comme un événement classique : ici, tout bouge, littéralement. On passe d’un village à l’autre en tracteur. Plusieurs heures sur la route, au milieu des montagnes. Une crevaison au passage, quelques pauses improvisées, et cette sensation étrange de ne plus vraiment être en tournage, mais embarqué dans une sorte de mini aventure. Je dors dans une roulotte. Le matin, réveil face au lac Chambon, avec des montgolfières qui passent au-dessus de l’eau. À ce moment-là, la caméra est secondaire.

Filmer sans casser l’équilibre

Sur place, l’ambiance est exactement ce qu’on espère sans vraiment y croire : familiale, vivante, un peu hors du temps. Des bottes de paille, une piste de danse, des gens qui chantent au clair de lune. Rien de spectaculaire, mais tout est juste. Du coup, impossible d’arriver avec une logique de tournage “classique”. Je m’adapte, tourne des images pour le reportage, prends des interviews. Et puis naturellement, propose d’ajouter un multicam. Rien de prévu au départ, mais tant qu’on est là, autant garder une trace. Le setup reste simple : trois caméras. Deux fixes (jardin et centre), et une à l’épaule, pour rester mobile. Le vrai défi, c’est de les placer sans gêner, sans casser la circulation, sans transformer le lieu en plateau, et en sécurité. Toujours des compromis, mais c’est le jeu !

Entre musique et mouvement

Le son est géré par Nico Blanc, de Tour du Sud. Malgré les conditions, il nous sort quelque chose de propre, ce qui change tout. Ça permet de penser les images avec un minimum de sérénité. De mon côté, je navigue entre les scènes et les tracteurs. Un peu de caméra épaule, un peu de stabilisation, beaucoup d’impro. Je passe d’un groupe à l’autre, d’un moment à l’autre, sans vraiment couper. Le multicam est loin d’être parfait. Les angles sont parfois limités, les placements approximatifs, les lumières pas adaptées… Des conditions pas toujours idéales, mais ce n’est pas vraiment le sujet : les groupes repartent avec des images, les gens avec des souvenirs. Et moi avec l’impression d’avoir capté quelque chose qui dépasse un simple tournage.

Ce genre de moment ne se reproduit pas facilement. Pas parce que c’est compliqué, mais parce que c’est fragile. Tout tient à peu de choses : la météo, les gens, l’énergie. Et pendant ces deux jours, tout s’aligne. Je viens pour faire un reportage, et repart une fois encore avec bien plus.