Vidéo

Ct

Cadrage Yotta XP

Cadreur à moto pour ce biathlon !

Sur Deux Roues et en Direct : L’Art du Cadrage à Moto

20 juillet 2024 – Vichy. Vous savez ce qui est encore plus difficile que de faire un selfie tout en mangeant une glace sur un vélo ? Filmer un biathlon depuis une moto en mouvement. Et pourtant, c’est exactement ce que j’ai fait lors du Yotta XP Biathlon de Vichy. J’ai survécu, la caméra aussi, et bizarrement, les images sont même plutôt cool !

Quand la Production Live Rencontre les Deux-Roues

Laissez-moi vous raconter les coulisses d’une journée pas comme les autres dans la vie d’un cadreur : une journée où le plan de travail n’est pas un tripode bien stable, mais une Triumph ronronnante, et où le bureau a deux roues et un pilote, qui vous demande si « ça va pas trop vite ».

Premier défi : trouver l’équilibre parfait entre « je filme de façon professionnelle » et « je ne vais pas tomber de cette moto ». Parce que si vous pensiez que tenir une caméra stable dans un studio était compliqué, essayez donc sur une moto qui slalome entre des athlètes en plein effort (et qui vous regardent comme si vous étiez un OVNI monté sur deux roues).

La Technique Derrière la Folie

Pour les curieux techniques – et je sais qu’il y en a parmi vous qui lisent juste pour ça – voici comment on s’y prend :

  • Un système de stabilisation : les bras, le dos, toujours plié en 2 ou 4
  • Une communication constante avec le pilote ET le réal, via oreillette, principalement composée de « Cam 4 », « Plus près ! », « Pas si près ! »
  • Et surtout, un estomac en acier trempé pour supporter les virages, les accélérations, et le sandwich du midi qui joue aux montagnes russes dans mon système digestif

Pourquoi s’infliger ça ?

La question que tous mes amis me posent : « Mais pourquoi tu ne filmes pas depuis un point fixe comme tout le monde ? » Et la réponse est simple : parce que rien n’égale l’immersion d’un travelling qui suit l’effort, la sueur et parfois le désespoir d’un athlète qui se donne à 200%.

Le cadrage à moto offre cette fluidité impossible à obtenir autrement. C’est comme si le spectateur courait aux côtés des athlètes, ressentait leur rythme, leur souffle, sans avoir à faire l’effort physique (ça, c’est pour moi et mon dos qui me rappelle encore cette journée).

La Réalité du Direct : Quand Tout Peut Déraper

La production en direct d’un événement sportif, c’est comme jongler avec des tronçonneuses enflammées : impressionnant quand ça fonctionne, catastrophique quand ça rate.

Entre les problèmes de transmission du signal (merci la forêt qui bloque tout), la batterie qui décide mystérieusement qu’elle a assez travaillé pour aujourd’hui, et le réalisateur qui vous demande d’être à deux endroits en même temps, le direct c’est l’art de transformer le chaos en quelque chose qui ressemble à un plan.

Et le pire dans tout ça ? C’est qu’on adore ça. Il y a cette adrénaline du « on n’a qu’une seule chance », cette satisfaction quand tout fonctionne comme prévu (ou presque), et cette complicité avec toute l’équipe qui fait que même quand on termine épuisé, couvert de poussière et avec des courbatures dans des muscles dont on ignorait l’existence, on se dit « À quand la prochaine ? »

Ce que j’ai appris (et que j’aurais aimé savoir avant)

Si vous envisagez de vous lancer dans l’aventure du cadrage à moto pour un événement sportif en direct, voici mes conseils durement acquis :

  • Prévoyez deux fois plus de batteries que ce que vous pensez nécessaire. Puis ajoutez-en encore deux.
  • L’imperméable n’est pas une option, c’est une obligation. Même par temps ensoleillé. Surtout par temps ensoleillé (la loi de Murphy adore les cadreurs).
  • La communication est LA clé. Établissez des signaux clairs avec le pilote, le réalisateur et l’équipe technique. « Je crois qu’il a dit gauche » n’est pas une phrase qu’on veut entendre à 40 km/h.
  • Acceptez que certaines séquences seront ratées, que certains moments magiques passeront sous votre nez, et que c’est parfaitement normal. Le direct, c’est l’art de l’imperfection maîtrisée.

Au final, cette expérience à Vichy m’a rappelé pourquoi j’aime tant ce métier : chaque projet est un nouveau défi, chaque tournage une aventure, et parfois, quand la lumière est parfaite et que la moto glisse exactement au bon endroit, on capture ces moments de pure magie qui font oublier toutes les difficultés.

Alors la prochaine fois que vous regarderez un événement sportif et que vous verrez ces plans fluides qui suivent l’action, pensez à nous, les équilibristes sur deux roues, qui essayons de ne pas tomber tout en vous offrant le meilleur angle possible. Et si vous croisez un cadreur à moto lors d’un événement, un simple pouce levé fera sa journée (mais pas pendant qu’il filme, pitié). Parce qu’on aime les défis presque autant qu’on aime une bonne suspension sur une route cabossée.